Analyse

Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade.   Jiddu Krishnamurti

Avons-nous déjà pris un peu temps pour observer avec honnêteté le monde dans lequel nous vivons ? Prenons nous régulièrement un peu de temps pour méditer sur nos choix existentiels et acceptons-nous de les voir dans leur entièreté? Acceptons-nous de voir la face la plus sombre de ces choix ?

Comme nous avons pu le comprendre dans les pages précédentes, nous faisons partie de la race des vivants. Comme tout être vivant, notre vie dépend directement de ressources vitales issues de l'air, de l'eau, de la terre. Sans ces ressources, il nous est absolument impossible de subsister.

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Partons de cette évidence et analysons ne serait-ce qu'en surface nos choix de société, de vie en commun sur notre planète. Etant dépendant de ressources, l'humain a rapidement compris que, de sa capacité à posséder ces ressources, dépendait directement sa survie.

 

L'humain (chasseur cueilleur) a donc en premier lieu choisi l'entre-aide, meilleur moyen d'obtenir efficacement les ressources nécessaires. Puis il s'est sédentarisé et par l'agriculture et l'élevage, a commencé à produire les ressources dont il avait besoin, augmentant ainsi ses chances de survie. La suite de l'histoire nous la connaissons! Pour survivre, deux choix s'offraient alors à l'homme, produire de quoi subsister ou le prendre à d'autres. Mais certains comprirent aussi que pour assouvir leurs ambitions de richesse et de pouvoir, il leur fallait produire et prendre aux autres.

Une observation, même rapide de notre monde, nous indique de façon évidente que c'est toujours sous ce modèle de société que nous vivons aujourd'hui. L'histoire de l'humanité n'a de cesse d'être jalonné de guerres, toutes et toujours pour les mêmes raisons, ressources, richesses, pouvoir. Pour faire la guerre, il faut être au minimum deux, mais un seul suffit pour la déclencher, un seul suffit pour les contaminer tous.

 

Mais le choix de la guerre est-il véritablement un bon choix? Y a-t-il véritablement un gagnant? Quelqu'un s'est-il réellement penché sur la réelle rentabilité d'une guerre? Laissons Mr Aberkane, ici à droite, nous exposer les résultats de ses recherches, mais notons ce point important, c'est rarement les hommes qui déclenchent les guerres qui se trouvent sur les champs de bataille! "Imaginez un Roi livrant ses propres batailles, ça serait mémorable!" (Achille - Film Troie). Il est donc facile, pour certains, d'appeler à se battre en sachant qu'ils seront loin, très loin du front.

 

Mais à toute chose il y a un coût et le prix d'une guerre se paie en vies et en souffrance. Encore une fois, c'est aisé de crier à la guerre quand on n'est pas directement concerné par le paiement de la note, mais seulement par les gains potentiels.

"Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi? C'est parce que vous vous séparez du reste de l'humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre de la violence. Celui qui cherche à comprendre la violence n'appartient à aucun pays, à aucune religion, à aucun parti politique, à aucun système particulier. Ce qui lui importe c'est la compréhension totale de l'humanité". 

                                                    Jiddu Krishnamurti

Quoiqu'il en soit, la société nous vente ses bienfaits à longueur de journée et ne pas les reconnaître serait malhonnête. La science nous a offert une telle ouverture sur la compréhension de notre monde et de telles avancées dans de nombreux domaines dont la médecine, les technologies etc..., qu'il serait absurde et injuste de tout rejeter en bloc.

La voix de la sagesse résidant dans le juste milieu, il serait plutôt question ici de se poser les bonnes questions. L'humanité aurait-elle pu évoluer scientifiquement sans avoir comme source de motivation, la guerre ou l'utilité de la violence comme seul moyen d'assouvir ses ambitions? 

L'humanité peut-elle dès aujourd'hui inverser cette tendance? L'humanité peut-elle acquérir la sagesse nécessaire à sa compréhension du monde, de la vie, de la mort, pour que l'ensemble de ses actions futures, soient constructives, réparatrices et bienveillantes, protégeant ainsi l'ensemble du vivant de l'extinction?

Nous avons espoir que oui. Nombreux sont ceux à nous prouver que c'est possible et a nous en montrer la voie, vous trouverez certains d'entre eux dans l'onglet "Liens". Mais l'enjeu est tel aujourd'hui, que nous devons tous nous sentir concernés et tous comprendre que nous devons changer radicalement de système de société.

Vivons-nous dans une société idéale? Clairement non! L'humanité n'a toujours pas réussit à se débarrasser des guerres, mais pire encore, elle l'a déclaré à tout le vivant au point de se mettre elle-même en danger de mort. Il est important de ne pas perdre de vue tout ce que notre société fait de mal, car ne regarder qu'une seule face d'une pièce, c'est se mentir, c'est refuser de voir l'ensemble d'une réalité. Et c'est ce que nous faisons, nous nous mentons, nous refusons d'assumer nos erreurs et  décidons de ne regarder que le meilleur.  Il ne faudrait surtout pas se culpabiliser, rentrer en dissonance cognitive, cet état de tension désagréable dans lequel nous nous trouvons quand nos actes ne sont pas en accord avec nos pensées, nos convictions! Cet état qui nous pousse à l'introspection, qui nous pousse au changement! Tout à chacun à déjà vécu cette sensation, celle qui nous dit que ce n'est pas bien de faire ainsi, mais dont on n'écoute pas le conseil, préférant l'autre option, plus attrayante et rentable à court terme! Seulement pouvons-nous encore nous permettre de faire l'autruche?

Mettre la tête en terre n'a jamais protégé l'autruche du prédateur! 

Nous savons tous au fond de nous, que le monde dans lequel nous vivons est profondément injuste. Nous voyons tous chaque jour que le choix de société dans laquelle nous vivons est profondément destructeur. Cette société détruit les corps autant que les esprits. Elle détruit les corps par la fatigue, par ce rythme de vie imposé, métro, boulot, dodo, ressentit même par les non franciliens qui n'auront au fond qu'à remplacer métro par auto. Elle détruit les esprits par l’égoïsme, imposé comme modèle économique où celui qui sera le meilleur dans ce domaine sera le plus riche.

Mais une société qui n'a plus rien de social peut-elle encore être appelée société? 

Comme déjà évoqué dans l'onglet économique et politique, le principe capitaliste d'accumulation infini de richesses dans un monde fini est une aberration. Ce principe basé sur la compétition divise, c'est l'un contre l'autre au lieu de l'un avec l'autre. Résultat le monde est en guerre! Qu'elle soit armée ou économique, la guerre reste la guerre, le but étant de prendre à l'autre par tous les moyens, quel qu’en soit les conséquences. Pourtant, il est indéniable que faire avec l'autre est bien plus constructif et rentable que faire contre l'autre. Alors pourquoi n'agissons-nous pas ainsi? N'est-ce pas parce que faire avec l'autre implique le partage, alors que faire contre l'autre permet de garder pour soi?

Mais quel sentiment se cache derrière ce besoin irraisonné de vouloir à tout prix posséder? Ne serait-ce pas la peur? Quoiqu'il en soit, le riche n'a tout naturellement aucun intérêt direct à ce que le système change! Pour lui, le système est parfait, car il lui est entièrement dévolu. Il n'est pas ici question de plaidoyer anti-riche, il est simplement question d'analyser quelles sont les responsabilités de chacun, dans les souffrances de ce monde.

La violence des riches ne commencerait-elle pas ici? En maintenant un système qui ne profite qu'à eux, tout en faisant fi de la souffrance qu'il génère!

Prendre tout pour soi dans un monde fini, que ce soit fait en toute légalité ou non, c'est prendre la part de l'autre! C'est créer un déséquilibre, une injustice qui ne provoquera que convoitise, jalousie, haine, rancœur, un joyeux cocktail de sentiments qui ne débouche rarement autre part que dans la souffrance et la violence. Mais qui est responsable de cette violence? Celui qui se bat, car poussé dans ses retranchements, ou celui qui se défend d'un agresseur dont il a lui-même créé la souffrance et le désespoir? Qui est responsable du débordement? Le manifestant qui réclame justice et droits, ou le gouvernement qui l'en a privé?  

 

Comme abordé dans l'onglet énergie, avoir beaucoup d'argent en ce monde c'est avoir la capacité d'influer sur le monde. Comme l'a si bien dit l'oncle de Peter Parker avant sa mort, "de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités". Cette citation à beau sortir des pages d'un comics, elle n'en est pas moins pertinente.  Si avoir de l'argent induit le pouvoir d'agir sur le monde, alors avoir de l'argent induit une responsabilité envers ce monde! Plus grande est la fortune, plus grande est la responsabilité! 

Ça semble logique, mais ce principe n'existe pas, pire quand certains hommes osent brandir le mot devoirs à ces riches et puissants, il leur est systématiquement rétorqué droits et liberté. Mais sommes-nous vraiment libre d'agir comme bon nous semble dans ce monde fini ou toutes actions engendrent des conséquences sur son environnement? Notre liberté ne s'arrête-t-elle pas où commence celle des autres? 

Crier à la dictature quand est abordée la question des devoirs de chaque citoyen, n'est-il pas irresponsable? Ne pas prendre en compte les lois de la physique et les interactions complexes qui régissent notre monde est-il raisonnable? N'est-ce pas justement ces lois communes qui différencient le monde réel du monde imaginaire, du rêve?

Cette planète n'est pas un terrain de jeu, nous ne pouvons pas faire tout ce qui nous passe par la tête sans conséquence! 

A un enfant qui soumettra le désir de manger une boite entière de bonbons, on rétorquera non et ce, dans un souci de bienveillance, connaissant le résultat néfaste qu'aurait sur l'enfant, l'indigestion de tant de bonbons. Pourquoi n'appliquons nous pas ces principes simples de sagesse au monde des adultes? Pourquoi à l'homme riche il n'est rien interdit d'acheter, de posséder malgré les conséquences néfastes et connues que cela peut avoir? Cette planète et l'ensemble de ses ressources, ne sont-elles pas des biens communs qui ne devraient être partagées que de façon équitable à tout le vivant?

Si vous possédez un patrimoine de 5000€, vous appartenez au 50% des plus riches de la planète 

- de 35 000€ / 10% des plus riches 

- de 335 000€ / 1% des plus riches.

Voilà un constat qui peut être dur à accepter pour un européen, surtout quand ce dernier fait partie de la classe moyenne ou pauvre, comme c'est le cas de la plus grosse partie des français, qui en possédant ne serait-ce qu'une voiture à 5000€, rentre dans les 50% des plus riches de la planète, alors même qu'ils ont du mal à finir le mois, voir pour certains à le commencer. Si on se réfère aux chiffres donnés par l'émission "Dossier Tabou", 83% des français gagnent moins de 3000€. Pourtant gagner 3100€ pour une personne habitant à Paris ou sa région ne lui laissera clairement pas l'impression d'être riche, d'autant plus s'il a une famille à charge. Mais placez cette même famille au Congo avec les mêmes revenus et il se transforme en millionnaire (3100€ = 2 033 466,70 Francs CFA) pouvant vivre comme un roi. 

 

La notion de richesse telle qu'elle est couramment comprise est complexe, car elle est autant une question de revenus que de dépenses. Le fameux pouvoir d'achat, seul pouvoir dans notre monde moderne semble-t-il! Mais il y a un facteur important qu'il ne faut pas écarter, le désir! Si pour vous, avoir une voiture c'est avoir une Ferrari, avoir une montre ou "réussir votre vie" c'est avoir une Rolex, alors oui, vous arriverez à vous sentir pauvre même en gagnant 10 000€ par mois. 

 

“La valeur d’un homme tient dans sa capacité à donner et non dans sa capacité à recevoir.” A. Einstein

La sobriété heureuse, plaidée par Pierre Rabbi, semble sur ce point la solution idéale! Il élève la richesse à son véritable niveau, le "spirituel". Est-il nécessaire au vue de ces chiffres, d'acheter une voiture à plusieurs centaines de milliers d'euros, une montre à plusieurs dizaines de milliers? L'heure qu'elle va vous donner sera-t-elle différente d'une montre à 10€? Est-il même normal que ces objets valent autant? Est-il normal d'en autoriser la fabrication et même la vente? Ces questions peuvent paraître absurdes ou même dangereuses pour certains, pourtant dans un monde fini, les choses à ressources et coût (carbone) importants ne devraient-elles pas être exclusivement destinées au bien commun et fabriquées de façon raisonnée ? 

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